L’adolescence est un passage entre l’enfance et l’âge adulte et cette traversée s’accompagne souvent d’opposition aux parents. Crise difficile à vivre pour la famille, certes, mais normale, voire parfois salutaire.

Qu’est-ce que l’adolescence ?

L’adolescence est un entre-deux. Le jeune homme ou la jeune fille, vit une crise psychique en conservant encore quelques repères de l’enfance sans plus en avoir les ressources. Cette période peut être traversée par des impulsions dont la force dépasse le sujet et choque son entourage. Socialement l’adolescent ne bénéficie plus de la mansuétude accordée aux plus jeunes. Il est à noter qu’en France l’âge de la responsabilité pénale est fixé à 13 ans, pratiquement au début de l’adolescence. A partir de cet âge un mineur peut être tenu responsable de ses actes. Cette sévérité est à nuancer car, dans les faits, les tribunaux se montrent généralement cléments et étudient les circonstances atténuantes.

Pourquoi est-il si difficile pour l’adolescent(e) de trouver sa place ?

Comment trouver sa place lorsqu’on est confronté à un nouveau cadre, sans parler des changements corporels qui mettent les limites à l’épreuve.

Pourquoi est-il nécessaire de demeurer parent et non pas de chercher à devenir un copain ?

En répondant aux provocations de ses enfants adolescents par ses recommandations le parent rassure, il demeure dans son rôle, protecteur, parfois interdicteur, ce qui peut agacer l’adolescent et générer des conflits. Mais rappelons que les conflits sont inévitables et utiles à notre pensée. Ils sont pour l’adolescent l’occasion d’exprimer ce qui le distingue de ses parents et de s’affirmer dans les relations en famille. S’opposer, permet finalement de composer et de se sentir plus proches.

Comment demeurer parent face à l’adolescent en crise?

Ou, Comment supporter les récriminations incessantes, les sautes d’humeur, le mutisme ? Faut-il subir sans broncher le désordre, et continuer à remplir le frigo ?

Comment les parents qui doivent faire face aux difficultés financières, professionnelles, familiales, et parfois aux problèmes de santé, peuvent-ils encore maintenir un cadre stable et rassurant pour leur ado en crise? Il peut être tentant alors d’arrondir les angles, de ne pas réagir pour éviter le conflit jusqu’au moment ou la coupe est pleine. Or, à l’adolescence il n’y a pas pire que ce qui brouille les repères de générations, une confuse camaraderie ou l’indifférence qui pourrait être interprétée comme de l’abandon. Pour le parent exprimer ce qui ne va pas sans sombrer dans le reproche systématique et la guérilla familiale, est un exercice d'équilibriste. Cela présuppose que le parent se sente légitime dans sa place d’adulte et qu'il puisse exprimer clairement sa demande, sans détours et sans justifications. C'est pourquoi, le parent, sur lequel tant de choses reposent, peut avoir besoin d’aide. Il peut trouver auprès d’un psychologue-psychothérapeute un encouragement à écouter ses craintes, à repenser son histoire de parent et d’enfant, à identifier ce qui se répète dans son histoire et à penser à ce qu’il aspire, pour son enfant, mais aussi pour lui-même.

Comment intervenir en cas de malaise plus profond ?

Il y a conflit et conflit. S’il est légitime de marquer sa position, voire son désaccord, il arrive que la colère prenne le dessus et que les communications deviennent violentes, ou inexistantes. Les jeunes gens sont pris dans des activités entre congénères. Les apprentissages et les loisirs offrent des occasions de se rassembler entre pairs et de s’éloigner de l’influence familiale. Il peut être difficile pour les parents d’accepter cette prise de distance et de comprendre les mécanismes qui font que la communication parfois sépare au lieu de rapprocher. Parfois les parents peuvent s’inquiéter avec raison car la période de crise peut se compliquer, pour le jeune homme, ou la jeune fille, d’intenses souffrances psychiques qui prendront parfois des formes bruyantes, mais pas toujours. C’est pourquoi il est important que les parents osent interroger leurs enfants adolescents, au risque de se faire rembarrer.