Un constat, le grand public connaît mal la santé mentale qui demeure très stigmatisée.

Une enquête d'opinion réalisée par Ipsos en 2009 sur les perceptions et représentations des maladies mentales, montrait une très forte notoriété des maladies mentales mais beaucoup d'idées fausses.

Pour 47% des personnes, les maladies mentales sont associées à des dénominations négatives "débile, attardé, aliéné, dément". Pourtant, 66% des Français estiment être suffisamment informés sur la santé mentale.

Sur l'opinion qu'ont les Français pour remédier aux problèmes de fragilité mentale, 81% pensent qu'on peut se sentir mieux en adoptant une bonne hygiène de vie, 62% que les médicaments existants pour traiter les fragilités mentales sont efficaces, 41% que lorsque l'on se sent fragile mentalement, on peut prendre sur soi et attendre que cela passe.

Cette enquête montre que les Français confondent santé mentale et bien-être et considèrent que la maladie mentale concerne les autres mais pas eux. Si certaines maladies sont bien identifiées, comme la dépression, Alzheimer, la schizophrénie, les-troubles bipolaires, les maladies liées à l'alcoolisme, qui figurent parmi les maladies physiques et mentales les plus courantes, sont elles ignorées.

La maladie mentale est stigmatisée et l’idée demeure que le psy c’est pour les fous et que le fou c’est l’autre. Ce qui est loin d’être le cas. Sans être fou on peut être envahi par des phobies ou des rituels obsessionnels, être le jouet de ses propres tendances à répéter les mêmes erreurs, ou tout simplement sortir un peu vite de ses gonds…. Tout individu traverse au cours de son existence une crise psychique, crise existentielle, dépression, symptômes psychosomatiques. L’augmentation de l’espérance de vie augmente nos chances de rencontrer des deuils, des problèmes cognitifs transitoires ou évolutifs liés à un handicap ou à la maladie, des conflits conjugaux… A ces difficultés qui sont le prix de notre humanité, par essence vulnérable, s’ajoutent les addictions au tabac, au jeu, aux drogues, à l’alcool, aux médicaments, à Internet, à la nourriture… A chaque période de la vie le sujet humain exprime sa souffrance psychique de façon différente. Les nombreux troubles somatiques du nourrisson témoignent des ses conflits internes et d’un processus normal de maturation psychique qui se fait en partie dans la douleur. L’enfant, au cours des étapes de son développement, peut exprimer ses difficultés par le refus de la discipline ou par des problèmes scolaires. L’adolescence est une étape importante du développement qui peut être marquée par une crise salutaire pour gagner en autonomie. A l’âge adulte, un deuil, un divorce, une perte d’emploi ou un départ à la retraite peuvent provoquer un épisode dépressif. Les médicaments efficaces pour calmer l’anxiété, améliorer l’humeur triste, ou faciliter le sommeil ne suffisent pas à redonner confiance en soi, à tirer partie de l’expérience, à désirer, à distinguer les émotions et aussi les saveurs… Outre la souffrance morale causée par les détresses psychiques, ces dernières ont un impact considérable sur d'autres questions de santé. Ainsi, la dépression d’une jeune mère peut affecter la croissance de son enfant.