On estime à 86 ans l’âge moyen d’entrée en maison de retraite. On parle aujourd'hui d'EHPAD, établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. Ces établissements sont équipés pour recevoir des personnes âgées dépendantes, voire très dépendantes ou atteintes de troubles cognitifs, de troubles du comportement, de maladies neurodégénératives. Le personnel est présent pour la toilette, aider à se lever, se laver, se nourrir, s’habiller.

En annexe des EHPAD, les foyers logements sont des unités autonomes au sein de la structure collective. Structure qui fournit des services : restaurant, entretien du linge, animation, pédicure, coiffure…

La présence du psychologue dans ces structures est indispensable en de nombreux points :

  • Accompagner en cas de dépression
  • Ecouter et former les soignants.
  • Soutenir la famille afin notamment de soulager le sentiment de culpabilité au moment du placement en maison de retraite.

 

Pourquoi préparer l'entrée en maison de retraite ?

L'entrée en institution est vécue différemment en fonction des attentes de chacun, de l’histoire du sujet, des liens entretenus avec les autres.Pour certains l’institution peut être bien vécue comme un lieu contenant de dépendance et de bien être. On peut y rencontrer de « bons résidents » aidant les autres, devenus indispensables à l’institution, et qui jouissent d'une reconnaissance narcissiquement gratifiante. Pour d’autres personnes l'arrivée en maison de retraite génère une angoisse d’abandon. Or, un des alliés du bien vieillir est une bonne gestion entre les besoins d’autonomie et les besoins de maternage réveillés par le déclin physique. Pour ces raisons le placement en institution doit être, dans l’idéal, le résultat d’une démarche auprès de la personne. Démarche qui nécessite une bonne évaluation des capacités et des troubles, une entente préalable entre médecin, famille et patient. Dans l'idéal l'arrivée en institution doit devenir un projet de vie dans laquelle la personne concernée sera partie prenante pour le maintien de l’envie de vivre.

La vieillesse inaugure une nouvelle crise d’identité. La crise mobilise la dynamique psychique, elle induit une discontinuité. A partir de ce bouleversement un travail psychique doit s’effectuer pour que le moi puisse surmonter la crise et sortir entier de ce tremblement identitaire. La crise est également synonyme de renouveau, d’évolution. La souffrance psychique liée au déracinement doit être prise en compte au moment de l’entrée en maison de retraite ou en foyer logement. En effet. le relogement peut être un déracinement, une perte de repères identitaires qui perturbe le sentiment de sécurité qui émane de la maison, cocon rassurant. Or, Souvent le placement est demandé en urgence et parfois en dehors de l’approbation de la personne. Cette situation risque d’accentuer un climat d’agressivité et d’angoisse pour la personne âgée et de culpabilité pour l’entourage.

On estime à 1/3 la proportion de personnes de plus de 70 ans concernées par la dépression. La dépression chez la personne âgée évolue à bas bruit et peut faire suite aux deuils et aux pertes fonctionnelles. Toujours grave, elle passe inaperçue. Les suicides chez les personnes âgées sont une des causes fréquentes de décès. La dépression peut se signaler par divers troubles, hypocondrie ou démence.

 

Quels sont les signes les plus fréquents de la dépression chez une personne âgée ?

  • Insomnie et troubles du sommeil
  • Maladies somatiques
  • Baisse d’activité
  • Fatigue
  • Difficulté de concentration
  • Légère altération de la mémoire
  • Personne ayant connu des antécédents de dépression.

Les antidépresseurs peuvent provoquer des effets indésirables, perte d’équilibre, troubles du système nerveux, troubles confusionnels, somnolence diurne avec les benzodiazépines. Ces troubles peuvent amener la personne âgée à arrêter trop tôt le traitement. Les effets secondaires des antidépresseurs peuvent être majorés par la prise d’anti-arythmiques. Les risques d’effets indésirables sont de 2 à 7 fois plus élevés chez les personnes de plus de 65 ans. 15 à 20 % des hospitalisations font suite à des intoxications médicamenteuses.

 

Comment nous déprendre des stéréotypes pour écouter et respecter la personne âgée comme sujet ?

L’équation vieillesse = déclin = maladie provoque peur et discrimination. Parfois, les représentations sont plus positives, âge = sagesse, mais interrogent sur le culte porté aux personnes âgées. Les stéréotypes, positifs ou négatifs, ont pour conséquence de mettre les personnes âgées hors du temps, hors de l’humain, hors du groupe social.

Les personnes âgées ne constituent pas un groupe homogène qui aurait les mêmes besoins et les mêmes désirs. On peut parfois reprocher aux maisons de retraite et aux EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) de proposer des prises en charge trop stéréotypées, ce qui est la conséquence des contraintes d'hygiène et sécurité imposées à ces établissements. Le cheminement vers l’entrée dans ces structures (liste d’attente, visite médicale, intégration, période d’adaptation, réception des familles, information des résidents et des proches, constitution de dossier …) permet, tout en marquant des étapes, de prendre en compte les singularités de chaque individu. Durant ce temps il est important pour tous, pour la personne âgée, ses proches mais aussi ses soignants, de mettre des mots sur les ressentis afin de mettre à distance ses affects pour élaborer un projet de vie. Le rôle du psychologue dans ces institutions est d'encourager l'expression et le dialogue, au sein de la famille, et avec l'institution. Parler, signifie dire, y compris ce qui fache ou dérange l'institution. N’oublions pas que le sujet âgé demeure sujet, à ce titre singulier, et qu’il a aussi une sexualité. Or, la sexualité est souvent tabou tant elle est perçue comme l’apanage des jeunes et belles personnes.

Travailler auprès de personnes âgées dépendantes c'est répondre aux orientations de l'institution et veiller au bien être de la personne. L'autonomie s’entretient et c’est de ne plus être sollicitée qu’elle s’éteint. Laisser une personne âgée s’habiller seule demande du temps et la voir ralentie par ses mouvements, assister à la lente trahison du corps, en plus d'être angoissant, n'est tout simplement pas une tâche facile pour des salariés surchargés..

N’oublions pas que le sujet âgé demeure sujet, à ce titre singulier, et qu’il a aussi des choix, des préférences, un territoire, des objets et une intimité. Or, Il n'est pas toujours possible pour les résidents en EHPAD les moins valides de bénéficier d'une boîte aux lettres personnelle, de clés, ou d'argent. Pour autant est-ce vraiment le bagne ? Pour toutes ces raisons le rôle consultatif du conseil de la vie sociale est rendu obligatoire.